23/07/2013

Notre Henri est mort debout

 
 
Sent: Tuesday, July 23, 2013 12:01 AM
 
Subject: Notre Henri est mort debout
 
 
 
 
 
NOTRE HENRI EST MORT DEBOUT

Henri Alleg, notre Henri, s’est éteint à jamais
Homme libre, militant communiste, chantre de la fraternité, journaliste intègre, héros ordinaire de cette Algérie et de cette France qui fredonnent en nous, Henri est toujours resté fidèle à ses principes et ses idéaux durant ses près de 70 années d’engagement politique, malgré la prison, la torture, la trahison et les défaites.
22 JUILLET 2013
Résistant il fut, résistant il demeurera même aux pires moments de sa vie : en tant que militant clandestin dans l’Algérie occupée, lorsqu’il subit les interrogatoires terribles de ses tortionnaires français, durant les querelles intestines qui déchirèrent l’Algérie indépendante, durant la contre-révolution qui déferla sur les pays socialistes...
 
Comme nombre de ses camarades qui ont écrit les pages à la fois douloureuses et honorables de la résistance anti-coloniale, Henri a été un monument de générosité, de bienveillance et d’humilité.
 
Par un jour morose de décembre, j’ai eu l’immense honneur de visiter le cimetière du Père Lachaise en sa précieuse compagnie, bras dessus, bras dessous.
 
A cette occasion, il m’a confié de nombreux souvenirs de ses combats et autant de récits de notre histoire commune, tel un grand-père à son petit-fils.
 
Aujourd’hui et demain, ses petits-enfants, par millions, poursuivront la rédaction de son journal éternellement inachevé, celui de l’humanité en quête de paix, de justice et de bonheur.
 
Merci Henri. Nous ne t’oublierons jamais.

Bahar Kimyongür 
22 juillet 2013

Voici le message qu’Henri Alleg a fait parvenir à Bahar Kimyongür quelques jours avant sa condamnation politique en 2006.

A l’attention de Bahar Kimyongür

« Que vous dire à propos du procès qui vous a été intenté et dont on attend la délibération et les conclusions le 28 février prochain sinon que j’en suis effaré et indigné ! Il me rappelle la sinistre époque de la guerre d’Algérie où, en France, les partisans de la paix et de la liberté des peuples, les défenseurs des Droits de l’Homme et de la simple liberté d’expression étaient traînés devant les tribunaux au nom de la lutte contre le "terrorisme", une expression qui servait déjà à justifier toutes les illégalités commises contre des hommes et des femmes dont le crime était d’affirmer leur attachement aux grandes idées de démocratie et de réelle liberté, de dénoncer courageusement la torture et les sévices couramment pratiqués comme c’est aujourd’hui le cas en Turquie.

En fait, dans un pays et une Europe qui n’hésitent pas à se présenter aux yeux du monde comme les champions de ces grands principes, ce que l’on vous reproche à vous et vos amis, c’est de vous battre pour que ces principes inscrits dans les lois soient effectivement respectés. J’avoue que j’ai du mal à penser que les juges en vous condamnant pourraient se rendre coupables d’un tel déni de justice, ce qui aboutirait à donner de la Belgique une image contraire à ses meilleures traditions d’équité, d’hospitalité et de tolérance, couvrant finalement, pour d’injustifiables raisons politiques, les crimes et les pratiques médiévales d’un état policier étranger.
 
Je ne peux pas croire que le tribunal en arrivera là. Au contraire, je veux espérer, avec de nombreux amis, membres d’organisations attachées à la défense des droits de l’Homme, d’universitaires, d’élus de Belgique et d’autres pays dont la France et l’Italie qui vous connaissent et vous estiment pour votre courageux engagement, que le tribunal décidera de votre relaxe. C’est ce que nous sommes des milliers à demander et ce ne sera là que justice véritable.
 
Croyez, cher ami, à ma totale solidarité dans le juste combat que vous menez. » Henri Alleg












18:34 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | | |