12/12/2007

« La lutte palestinienne a libéré la femme »

Interview :: Leila Shahid, représentante de la Palestine en Belgique

Leila Shahid , représentante de la Palestine en Belgique, a accordé une interview à l'ONG Intal (International action for liberation). Extraits.

Bert De Belder
17-10-2007

On voit des femmes palestiniennes prendre des initiatives dans tous les aspects de la lutte, aussi bien contre l’occupation qu’en faveur des droits sociaux, syndicaux et politiques. (Photo Intal, Bert De Belder )

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La guerre vous a beaucoup marquée.

Leila Shahid. En 1967, lors de la guerre des Six-Jours [quand Israël s’est emparé de la bande de Gaza, de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est et des hauteurs du Golan, ndlr], j’avais dix-huit ans. Cette guerre fut un choc et ses résultats furent catastrophiques : 350 000 nouveaux réfugiés palestiniens rejoignirent les 780 000 réfugiés de 1948 [date de la naissance d’Israël, ndlr]. C’est alors que j’ai pris connaissance de l’horreur de la guerre et de son lourd tribut pour les soldats, les familles, les expatriés, les réfugiés.

En 1969, dans les camps de réfugiés palestiniens de ce pays, une Intifada se déclenchait pour la toute première fois.

Leila Shahid. Il s’agit de bien comprendre ce mot j’en ai assez d’entendre toujours associer ce mot à la ‘guerre des pierres’ ou même au terrorisme. ‘Intifada’ veut dire ‘se dresser’, prendre son sort entre ses propres mains. et non se dresser contre quelqu’un. Dans les camps, les Palestiniens ont créé une sorte de patrie virtuelle, avec des comités populaires qui organisent toute la vie sociale, politique et culturelle.

Dans ces comités, les femmes jouent un rôle important.

Leila Shahid. Dans le monde arabe, on se heurte généralement à la pauvreté et à l’absence de droits, à des traditions conservatrices et à des relations sociales patriarcales, c’est pourquoi la libération de la femme doit participer, là, d’un mouvement d’émancipation sociale plus large. L’Intifada a ébranlé toutes ces valeurs traditionnelles et libéré la vitalité des femmes. Depuis lors, on voit des femmes palestiniennes prendre des initiatives dans tous les aspects de la lutte, aussi bien contre l’occupation qu’en faveur des droits sociaux, syndicaux et politiques.

De même, lors des élections de 1996 et de 2006 dans les territoires palestiniens occupés, les femmes sont passées à l’avant-plan.

Leila Shahid. Nous avons obtenu que 20 % des candidats devaient être des femmes, y compris sur les listes du Hamas. Par la suite, le Hamas n’a pas osé imposer des lois reposant sur la charia [ensemble de règles de conduite pour les musulmans, ndlr], comme par exemple imposer le foulard aux femmes. Et nous avons même une femme ministre des Droits de la femme. Mais tout cela reste encore relativement fragile : des quotas, des lois et une femme ministre, ça ne suffit pas.

Que penser de la résolution 1 325 de l’ONU qui veut que les femmes assument une tâche pour la paix ?

Leila Shahid. Cette résolution est très importante mais en même temps, je ne crois pas vraiment dans ces processus ‘ top-down ’ (du haut vers le bas,ndlr) que constitue une telle résolution. Je préfère que les choses aillent dans le sens ‘ bottom-up ’ (du bas vers le haut). Nous, les Palestiniens, nous avons obtenu raison, coup après coup, grâce au droit international, mais nous savons aussi que ce qui compte vraiment, c’est la réalité sur le terrain.

Interview complète : www.intal.be

07:33 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | | |

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